A la bonne heure !


Nous avons tous nos propres rythmes : certains sont plutôt « du soir » et veillent sans problème, d’autres, « du matin », se couchent tôt mais se lèvent sans mal le matin.

Ces tendances inhérentes à chacun sont souvent liées au tempérament et à la vitalité (plus elle est forte, moins on a besoin de repos et sommeil) et à l’encrassement. Ainsi, un terrain dit « chargé » a besoin d’un temps de nettoyage plus long, et, cette fonction se réalisant essentiellement durant  la nuit, l’individu aura besoin d’un temps de sommeil important.

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Mais, au-delà de ces caractéristiques individuelles, le corps sécrète, à des créneaux horaires bien spécifiques, des substances chimiques dont les effets retentissent sur l’ensemble de l’organisme et exercent un impact sur l’humeur, la vigilance, le désir sexuel, le sommeil…

Alors découvrons les temps du corps.

 

zozio bleu seulpngRégler son réveil

Le matin, le mieux est de ne pas traîner au lit et idéalement de se lever entre 7h et 8h. En effet, se réveiller dans cette tranche horaire assure tonus et bonne humeur tout au long de la journée.

Dés 6h, le corps sécrète du cortisol, hormone du réveil, qui atteint son pic entre 7h et 8h.

Par contre, à partir de 9h, la sécrétion des endorphines (euphorisantes, elles procurent du bien-être) prend la suite et favorise un sommeil lourd dont il sera plus difficile de s’extraire.

Ensuite, la période de 9h à 10h est propice aux câlins car la sérotonine (messager chimique lié au plaisir) est à son maximum. Une info à retenir pour le week-end…

Plus sérieusement, c’est aussi le moment où les endorphines aident à diminuer la sensation de douleur : c’est le moment d’aller chez le dentiste !

Entre 10h et 12h, la vigilance est maximale et la mémoire à court terme est stimulée. On se consacre alors aux dossiers les plus épineux.

Le célèbre coup de pompe de 11h est souvent lié à une hypoglycémie. Pour y remédier et tenir jusqu’au déjeuner, il est judicieux de prendre un fruit (banane, pomme, ½ pamplemousse…) d’autant qu’il sera bien mieux digéré à distance du repas.


Eloge de la sieste

Entre 13h et 14h, après le repas, ressentir l’envie de dormir s’explique en partie par la digestion, coûteuse en énergie, mais surtout par une chute de la sécrétion d’adrénaline. Sans retourner au lit pour autant, il suffit de se mettre entre parenthèses 10 à 20 minutes, le temps d’une sieste express, pour repartir de plus belle jusqu’au soir ! Cette baisse de forme bien connue est physiologique et génétiquement programmée. Elle n’a rien à voir avec une quelconque paresse.

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Heure de pointe

Entre 15h et 16h, les performances intellectuelles étant au plus bas, autant passer, si on en a la possibilité, à une activité plus physique car la forme est au zénith à cette heure-là.

Ensuite, vers 16h, la mémoire à long terme étant très performante, se consacrer à des révisions ou préparer une intervention orale est ce qu’il y de mieux à faire.

En début de soirée, dés 18h, l’organisme devient particulièrement sensible à la pollution ambiante : mieux vaut alors réduire sa consommation de tabac ou éviter les lieux enfumés et les embouteillages (difficile dans les grandes agglomérations…).

Au même moment, ceux qui n’ont pas d’impératif pour rentrer chez eux en profiteront pour rester au bureau plus tard et y travailler dans de bonnes conditions car l’activité intellectuelle connaît à ce même moment son second pic de la journée.


Mise en sommeil

Entre 20h et 21h, même si on peut avoir envie de prendre un verre pour se détendre après sa journée et trinquer avec ses amis, attention toutefois à l’alcool car les enzymes du foie étant moins actives, il sera moins bien métabolisé et fera tourner plus vite la tête…

Dés 18h, mais surtout à partir de 20h, la mélatonine, hormone induisant le sommeil, commence à envahir l’organisme. Ce phénomène se manifeste plus tôt et avec plus d’intensité en Automne et en Hiver puisque sa sécrétion est déclenchée par l’obscurité. Sous l’effet de la mélatonine, des envies de dormir se font donc sentir, par vagues : ne pas être attentif aux signaux et manquer une alerte oblige alors à attendre le train du sommeil suivant, 2h plus tard.

Pour bien conclure sa journée, ou en cas de difficulté à trouver le sommeil, faire l’amour favorise l’endormissement sous l’impulsion des endorphines, hormones du bien-être.

Entre 22h et 1h du matin, on observe un pic de l’hormone de croissance (les enfants grandissent en dormant !) favorisant le renouvellement des cellules, notamment de la peau. C’est aussi elle qui fixe les acquis de la journée en favorisant leur mémorisation (pensez à relire des informations importantes juste avant de fermer les yeux, pour être sûr de bien les imprimer), et qui génère une bonne récupération.

Enfin, la nuit est aussi un temps de nettoyage pour l’organisme : au repos, et en-dehors de la phase digestive, le corps récupère et utilise toute l’énergie disponible pour éliminer tout ce qui l’encombre. Ecourter son temps de sommeil empiète sur cette fonction détox essentielle. Dormir suffisamment s’impose donc pour recharger ses batteries physiques, nerveuses, et aussi pour favoriser de bonnes éliminations indispensables à notre bien-être.


Un temps pour chaque chose

Côté alimentation, il existe aussi un moment précis pour manger tel ou tel aliment selon les principes de la chronobiologie dont le Dr Alain Delabos est spécialiste.

Le petit déjeuner doit être copieux, riche en acides gras et en glucides lents.

Grâce à la sécrétion de lipases (des enzymes spécifiques pour la digestion des lipides), les graisses consommées le matin sont utilisées comme source d’énergie et entrent dans la composition des membranes cellulaires, favorisant leur fluidité et une meilleure communication entre les cellules, notamment au niveau du système nerveux.

Aucune crainte de voir son taux de cholestérol grimper en flèche. A 90% le cholestérol est fabriqué par l’organisme lui-même (par le foie) et le cholestérol d’origine alimentaire diminue justement cette synthèse s’il est consommé le matin. Pris le soir, il augmenterait au contraire les réserves.

Le premier repas de la journée sera ainsi composé de : 100 g de fromage + 70 g de pain + 20 g de beurre. Cette part de fromage fournit les 30 g de lipides purs dont une personne mesurant 1,70 m a besoin par jour. Il faut savoir qu’une consommation insuffisante en lipides via alimentation amène l’organisme à puiser dans ses propres réserves, à savoir sur ses cellules : dans le cerveau, sur les gaines de myéline. On s’expose ainsi à la dépression.

Le déjeuner comporte des protéines animales, des glucides et des fibres : 240 g de viande rouge ou 280 g de viande blanche ou 260 g de charcuterie ou 4 œufs accompagnés d’un bol de 33 cl de légumes cuits ou crus.

Les protéines sont très bien digérées le matin grâce à l’activité maximale des enzymes protéolytiques de l’estomac et de l’intestin. Elles fourniront de l’énergie et seront utilisées pour les synthèses cellulaires.

Ces 2 premiers repas de la journée sont les plus riches afin de fournir à l’organisme l’énergie nécessaire à la réalisation de toutes les activités de la journée.

Une collation discrète, légère est tolérée mais, seulement en cas de faim. Composée de quelques carrés de chocolat noir et de fruits secs, elle permet de  tenir jusqu’au dîner.

L’envie de sucre dans l’après-midi est due à un pic de cortisol 4 à 5h après le déjeuner, d’où une sécrétion d’insuline en réaction, suivie d’une hypoglycémie entraînant un besoin de sucre. Consommer alors des sucres rapides et gras d’origine végétale permet de moduler cette sécrétion trop importante d’insuline et de préserver le pancréas. Le chocolat et les fruits secs répondent à ce besoin.

Le dîner se doit d’être léger, avec peu d’aliments caloriques car les sécrétions digestives sont au plus bas en fin de journée. Il ne comporte pas de glucides car la sécrétion d’insuline étant très faible le soir, ces sucres seraient mis en réserve sous forme de graisses.

Le soir puis la nuit, l’organisme passe en mode restructuration cellulaire. Les fonctions digestives doivent donc être réduites le plus possible.

A la carte le soir : du poisson, des fruits de mer ou de la viande blanche avec des légumes verts, sans excès et plutôt cuits (leur eau, mal éliminée, peut rester dans les tissus et favoriser la cellulite).

Comme nous l’avons déjà vu, l’alcool le soir est à éviter, surtout avant un plat gras car le foie reste alors bloqué par cet alcool et ne peut donc plus digérer ni assimiler les autres aliments.


En résumé, les fondamentaux de la chronobiologie, sont de manger gras le matin, dense le midi, sucré l’après-midi et léger le soir.


Passez à l’heure… de son corps !

Libre à chacun de suivre ou non ces principes. Le mieux restant d’être  à l’écoute de son organisme et de son horloge interne. Mieux que n’importe quelle montre ou pendule, elle sait nous guider vers ce qui est bon pour nous. Faisons-lui confiance !



Claire Desvaux

Diététicienne – Naturopathe


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