La conservation des cosmétiques

Les conservateurs,  présents dans la plupart de nos pots de crèmes, n’ont pas bonne presse depuis 2005. Suspectés notamment d’être des perturbateurs endocriniens, ils sont de plus en plus décriés. Quelles sont vraiment leur utilité et leurs limites ? Lesquels choisir ? Est-il possible de s’en passer ? Pour tout savoir sur les conservateurs cosmétiques, suivez notre guide…

1- Définition d’un conservateur
Un conservateur a pour principal rôle d’empêcher  le développement de micro-organismes (bactéries et champignons) dans les produits cosmétiques.

2- Obligation légale : DLU ou PAO ?
Deux types d’information sont présentent sur l’emballage des produits cosmétiques pour aider à les conserver dans les meilleures conditions :

  • Si la durée de vie est inférieure ou égale à 30 mois, l’emballage indique une date limite d’utilisation ou DLU (exemple : décembre 2010) ;
  • Si la durée de vie est supérieure à 30 mois : il faut faire attention à la PAO (Période Après Ouverture). Le symbole, un petit pot ouvert, apparaît avec une durée (en nombre de mois, exemple : 24 M = 24 mois) à ne pas dépasser après ouverture du produit. Et si vous dépassez la PAO ? Aucun danger majeur n’est normalement à craindre, mais le produit pourra avoir perdu de sa qualité cosmétique (odeur qui tourne, dessèchement du produit etc…) ou de son efficacité. Ne prenez donc pas de risques…

paoLa PAO ne s’applique pas à certaines catégories de produits cosmétiques :

  • aux produits cosmétiques à usage unique (ex. les échantillons),
  • aux produits sans contact avec l’extérieur (ex. les aérosols),
  • aux produits dont l’hygiène n’est pas affectée après ouverture (ex. les parfums, les eaux de Cologne).

Les crèmes solaires peuvent-elles être conservées d’une année sur l’autre ?
En grande majorité les produits solaires ont une PAO qui n’excède pas 6 mois. Par conséquent mieux vaut ne pas se risquer à garder les produits solaires d »une année sur l’autre.

3- Les conservateurs sont-ils obligatoires dans tous les cosmétiques ?
Apresshampooing lissant au silicone vegetal 4BIS - CopieDès qu’il y a présence d’eau dans les cosmétiques, les conservateurs sont obligatoires. Les produits les plus fragiles sont :

  • les lotions (uniquement avec phase aqueuse)
  • les crèmes « huile dans eau », contenant une phase aqueuse importante : pour les reconnaître, regardez la liste des ingrédients (si elle commence par « aqua », il s’agit bien d’une crème « huile dans eau », contenant plus d’eau que d’huile).

Lorsque les produits cosmétiques ne contiennent que des corps gras, il n’est pas utile de mettre un conservateur mais uniquement un ANTIOXYDANT, qui va empêcher l’huile de rancir.

Toutefois, de nouvelles techniques sont actuellement mises en place pour éviter la présence de conservateurs même en présence d’une phase aqueuse (cf § 6).

4- La conservation des cosmétiques conventionnels
Les cosmétiques conventionnels utilisent des conservateurs chimiques, des tueurs de bactéries à large spectre qui ne peuvent pas remplir leur mission sans causer quelques dommages collatéraux, se traduisant par des irritations cutanées, des allergies, ou un risque de toxicité. Le législateur, qui les autorise le plus souvent en concentrations limitées, a tranché : mieux vaut garantir la sécurité immédiate, quitte pour cela à risquer de souffrir de quelques effets secondaires, plus ou moins maîtrisés, plus ou moins importants, et à plus ou moins long terme… même quand on parle de substances cancérogènes.

POU2Les conservateurs synthétiques les plus controversés :

  • les substances halogénées, c’est-à-dire contenant chlore, iode ou brome : le plus célèbre étant le triclosan
  • la famille des aldéhydes comme le formaldéhyde
  • la famille des parabens comme le propylparaben et le methylparaben
  • les éthers de glycol comme le phénoxyéthanol…

Les dangers de ces conservateurs :

  • Ils sont trop puissants : Les conservateurs détruisent toutes les bactéries, même celles qui nous protègent. Notre flore saprophyte est fragilisée…
  • Ils sont trop pénétrants : Les conservateurs chimiques les plus utilisés pénètrent profondément la peau jusqu’à les retrouver dans le sang et les urines !
  • Ils sont trop persistants : Après avoir pénétré l’organisme, les conservateurs peuvent y rester ! Des biopsies dans le tissu graisseux le prouvent. Les conservateurs se biodégradent mal. …

5- La conservation des cosmétiques bio
La liste des conservateurs autorisés dans les cosmétiques bio est limitée, mais certains conservateurs chimiques sont autorisés comme le sodium benzoate ou le potassium sorbate. Beaucoup de marques utilisent ces deux conservateurs.

Sont également utilisés en cosmétique bio : des acides comme l’acide benzoïque, l’acide salicylique, l’acide sorbique ou formique, l’alcool benzylique (qui a l’inconvénient d’être assèchant), des huiles essentielles bactéricides et fongicides (qui ne sont pas considérées comme des conservateurs mais qui permettent de conserver nos crèmes), des extraits de plantes (comme le lichen ou barbe de Jupiter).

6- Les nouvelles alternatives à la conservation
La première mesure prise par certains fabricants est un travail en amont lors de la fabrication même des produits avec une politique « zéro germe ». Rappelons qu’habituellement les lots de cosmétiques sont commercialisés dès lors que la contamination microbienne est inférieure à 1000 germes /ml pour l’ensemble des produits. Pour les contours des yeux et les produits pour bébés, la contamination doit être inférieure à 100 germes /ml. Ce sont les conservateurs qui empêchent la prolifération de ces germes. En jouant notamment la carte de la production « zéro germe », il est possible de réduire la quantité de conservateurs utilisés.

Par ailleurs, certains fabricants, désireux de supprimer la phase de conservation, sans pour autant négliger l’aspect sécurité, développent de nouvelles techniques. En voici deux exemples très innovants :

dermathermA- La stérilisation UHT (ultra haute température) cosmétique (brevet international) – marque Dermatherm (fondée en 2001)
Kezako ?
L’absence totale de conservateur dans les soins DERMATHERM est basée sur une technologie de stérilisation par la température, appliquée pour la première fois en cosmétologie. Adapté avec succès aux formulations cosmétiques, nous révolutionnons les techniques de production classiques grâce à notre procédé unique breveté. Ce système de stérilisation est entièrement naturel et n’utilise que la chaleur. Déjà utilisé en agroalimentaire, c’est un procédé de passage rapide à haute température suivi d’un refroidissement immédiat assurant l’élimination quasi-complète de tous les micro-organismes.Les produits sont ensuite récupérés dans une salle stérile, où les cosmétiques sont conditionnés dans des flacons protecteurs antimicrobiens opaques, sélectionnés pour protéger la formule et garder les actifs intacts.
Pour en savoir plus :
www.dermatherm.fr

B- Le brevet Novexpert (marque fondée en 2002) Gommage végétal Visage AMBIANCE
Sept années de recherche pour un brevet « High tech » qui coupe le souffle !
Kezako ?
Etape N°1 : fabrication zéro germes !

  • Ingrédients purs et stériles
  • Fabrication en salle blanche
  • Produits certifiés zéro germes

Etape N°2 : Protéger
Eviter toute contamination avec un complexe gélifiant qui est…

  • 100% naturel
  • 100% biodégradable
  • Non pénétrant
  • Non allergisant
  • Non irritant
  • Bactériostatique : les bactéries ont besoin d’eau disponible. En gélifiant l’eau, on la rend indisponible pour les bactéries. Et oui, il fallait y penser !

Pour en savoir plus : www.novexpert-lab.com

7- Comment optimiser la conservation des cosmétiques ?
Quelques précautions simples, pour tirer le meilleur parti de vos produits cosmétiques :

  • Refermez bien vos produits cosmétiques après usage : au contact de l’air, votre produit cosmétique peut perdre ses qualités (parfum, texture, etc…).
  • N’exposez pas vos produits cosmétiques à la lumière vive.
  • Évitez les sources de chaleur : radiateur, vitre au soleil, plage arrière d’une voiture, etc.
  • Privilégiez les flacons en tube et lorsque vous utilisez des pots, éviter de plonger vos doigts à l’intérieur, mais utilisez une petite spatule propre.

8- La conservation des cosmétiques bio « maison »
Les cosmétiques « maison », se conservent moins que les cosmétiques vendus sur le marché. Ils peuvent cependant se conserver au moins un mois en respectant les conditions suivantes :

  • Fabriquez des quantités adaptées (pas plus de 50 ml pour un soin visage et 100 ml pour un soin corps).
  • Ajoutez systématiquement un antioxydant lorsque le cosmétique contient une phase grasse (ex : vitamine E d’origine naturelle, extrait au C02 de romarin)
  • Ajoutez systématiquement un bactéricide / fongicide lorsque le cosmétique contient une phase aqueuse (ex : naticide, extrait de pépins de pamplemousse…)
  • Conservez vos crèmes au réfrigérateur et utilisez des spatules cosmétiques pour prélever la crème
  • N’exposez pas vos produits à une forte lumière ou à une forte chaleur.

6 Commentaires

  1. Stève
    5 juillet 2013 at 14 h 09 min · Répondre

    Salut
    je voudrais savoir quels sont les microorganismes contaminants de produits cosmétiques. Comment faire le controle microbiologique d’un produit cosmétique apres application des procédés de conservation

  2. joshounette
    5 février 2013 at 17 h 05 min · Répondre

    ce sujet un peu polémique est très bien analysé mmerci pour toute ces précisions!

  3. joshounette
    5 février 2013 at 17 h 04 min · Répondre

    très très intéressant!!! merci beaucoup ;)

  4. joshounette
    5 février 2013 at 17 h 03 min · Répondre

    très très intéressant!! merci bcp! ;)

  5. Martine
    24 juillet 2010 at 13 h 14 min · Répondre

    Bonjour,
    Stérilisation UHT en cosmétique ????????? Eh ben, si pour les produits UHT il est question « d’aliments morts » après leur surchauffe, le résultat doit être identique pour les cosmétiques… Alors quel intérêt pour la peau d’y tartiner des ingrédients morts ? Là j’avoue que je suis un peu perplexe quant au procédé de conservation sans conservateurs… Décidément, plus on cherche à révolutionner, plus on régresse…
    Mais peut-être suis-je dans l’erreur, dans ce cas, merci de me convaincre du contraire (en matière d’UHT en tout cas).
    Merci et bonne journée !

  6. lunazen
    5 juillet 2010 at 13 h 11 min · Répondre

    Des précisions intéressantes. Ces logos ne sont pas tous connus alors un rappel afin de prendre encore plus soin de soi !

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