Procéder par élimination

Evoquer les éliminations corporelles n’est certes pas un sujet très glamour…

Pourtant, afin de préserver son précieux équilibre, notre organisme doit bien rejeter régulièrement les toxines et déchets qui l’encombrent.

En naturopathie, éliminer est donc le 3e impératif pour maintenir, ou retrouver, un niveau d’énergie vitale suffisant. On considère par ailleurs « l’encrassement », que son origine soit externe (pollution, médicaments, tabac…) ou interne (production de molécules toxiques due à une mauvaise digestion) comme le point de départ de tous nos problèmes de santé.

 

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Par ici la sortie
Comme toujours, la Nature a pensé à tout et a œuvré pour notre bien-être. Elle nous a ainsi dotés de 5 portes de sortie désignées sous le terme émonctoires, à savoir :

-        le foie (en binôme avec la vésicule biliaire) : organe le plus volumineux de l’organisme, il assure l’épuration et la détoxification de l’organisme. Ses missions : détruire les bactéries, virus, parasites… et éliminer les résidus toxiques en provenance de l’alimentation, de la pollution, des médicaments et de l’alcool. Sa tâche est colossale et nous avons en plus tendance à le solliciter bien au-delà de ses capacités naturelles…  Un foie saturé s’exprimera par un teint jaune, des cernes marron, une haleine chargée, une transpiration malodorante…

-        Les reins filtrent chaque jour 180 litres de sang (!!) desquels ils extraient les toxines, les déchets et minéraux (sodium, potassium et phosphore) excédentaires pour former, par filtration puis concentration, les urines qui seront stockées dans la vessie jusqu’à leur élimination. Ils jouent de plus un rôle capital dans l’équilibre acido-basique. En cas de défaillance ou de surcharge, les glandes sudoripares de la peau pourront, telles de micro reins en périphérie, prendre leur relais. Boire trop de liquides épuise les reins qui éliminent au final de l’eau et non des déchets. A l’inverse, les urines seront trop concentrées si l’hydratation est insuffisante et, à séjourner trop longtemps dans la vessie, elles pourront générer des infections urinaires. La valeur d’1 litre à 1,5 litre d’eau, thé vert, tisanes, bouillons, jus de légumes… par jour permet d’éliminer correctement les toxines.

-        L’intestin est constitué de plusieurs portions (duodénum, intestin grêle, côlon et rectum) avec chacune une fonction spécifique. Cet ensemble mesure 7 m de long et parvient malgré tout à se loger dans notre espace abdominal ! A son niveau se déroulent, dans la 1ère partie, l’absorption de l’eau, des nutriments et minéraux indispensables aux besoins de l’organisme puis, au niveau du côlon, la formation des selles par agglomération de tous les résidus en vue de leur élimination.

-        La peau, grâce à ses glandes sudoripares et sébacées, possède l’avantage de pouvoir éliminer 2 types de déchets : les cristaux, solubles et les colloïdes, plus épais et insolubles.

-        Les poumons sont responsables de l’élimination, lors de l’expiration, des acides volatils dont le dioxyde de carbone (CO2). De ce fait, ils participent, avec les reins, au maintien de l’équilibre acido-basique.

La femme possède un émonctoire secondaire, l’utérus, par lequel elle élimine chaque mois, via les menstruations, certaines toxines. Ses règles la préservent, à leur façon, d’une certaine intoxication.

 

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Travail de nuit
Ainsi, sans avoir besoin de leur commander, les organes-filtres assurent le grand nettoyage de notre intérieur. De plus, courageux travailleurs de nuit, ils se mettent en action quand nous passons en position « off », c’est-à-dire durant notre sommeil. On comprend ici toute l’importance de préserver ce temps de repos, non seulement pour recharger nos batteries, mais aussi pour permettre à nos émonctoires de nous débarrasser de tous les éléments inutiles et néfastes pour notre santé.  Après cette phase d’épuration nocturne, les organes éliminent donc davantage tout naturellement : le matin au lever, la peau est généralement plus grasse, la langue pâteuse, l’haleine peu fraîche, les urines sont plus chargées et foncées, on peut tousser, avoir besoin de se moucher…

 

Comment allez-vous…
à la selle ? Cela peut prêter à sourire, mais, à l’origine, poser cette question à son interlocuteur signifiait en fait l’interroger sur l’état de son intestin ! Aujourd’hui, la pudeur nous retient de demander aux personnes de notre entourage si elles vont régulièrement aux toilettes alors que nombre d’entre elles se plaignent de paresse intestinale, les plus concernées étant les femmes et les seniors.

En naturopathie on estime qu’il faut chercher à avoir, chaque jour, autant de selles que de repas. L’intestin devrait en effet s’évacuer spontanément dés l’arrivée d’un nouveau bol alimentaire. A raison de 3 repas quotidiens, il est donc normal de se rendre 3 fois au « petit coin ». Mais cette situation est loin d’être la norme. Stress, manque de temps, gêne par rapport à l’entourage (alors que nous sommes tous faits pareil !), sédentarité, consommation trop faible de légumes et fruits, hydratation insuffisante…  concourent à ralentir le transit. La moyenne est, dans le meilleur des cas, d’une selle par jour. Libérer son intestin tous les 2 ou 3 jours paraît confortable à certains mais est tout à fait anormal. En effet, les matières non évacuées vont subir des phénomènes de fermentation (pour les glucides, au niveau du côlon ascendant, à droite) ou de putréfaction (pour les substances protéinées, dans le côlon descendant, situé côté gauche) laissant ainsi apparaître de nouvelles molécules toxiques. Plus grave, le séjour prolongé de déchets dans l’intestin rend la muqueuse intestinale perméable qui, ne pouvant plus assurer son rôle de barrière sélective naturelle, va leur permettre de diffuser, par voie sanguine, vers le foie puis dans l’ensemble de l’organisme. Au final on assiste à une auto-intoxication qui a débuté dans l’intestin. Il est donc capital de surveiller son transit et de tout mettre en œuvre pour obtenir une évacuation régulière.

A chacun de trouver son rythme, mais le bon moment pour libérer son intestin semble être le matin, avant ou après le petit déjeuner. D’ailleurs, après la phase de nettoyage nocturne, l’intestin doit tout naturellement avoir besoin de se vider le matin.

Les bons réflexes pour relancer un intestin paresseux :

-        Ne surtout pas réprimer le besoin : quand faut y aller, faut y aller !

-        Drainer son foie : cet organe-clé produit en effet la bile, elle-même riche en sels biliaires qui sont des laxatifs naturels. Pour cela, le radis noir, l’artichaut, un jus de citron dans de l’eau tiède le matin à jeun… sont de précieux alliés naturels.

-        Consommer des fibres : elles augmentent le volume de selles et jouent le rôle d’un balai dans l’intestin. Elles seraient en plus protectrices vis-à-vis du cancer du côlon.

-        Faire régulièrement des cures de ferments probiotiques (Lactobacillus paracasei, Lactobacillus rhamnosus, Bifidobacterium lactis…) sous forme de gélules, sachets à dissoudre dans l’eau, yaourts bio, laits fermentés… Ils participent au bien-être digestif comme intestinal et rééquilibrent le transit qu’il soit lent, ou, au contraire, trop rapide.

-        Boire environ 1,5 litre d’eau ou équivalents par jour : des selles suffisamment hydratées s’évacueront plus facilement.

-        Lâcher prise ! Mentalement comme physiquement et consommer du magnésium : minéral antistress par excellence, il décontracte tant sur le plan nerveux que musculaire, d’où un effet laxatif. Le magnésium d’origine marine, sous la forme d’ampoules buvables ou de gélules, est la forme la plus assimilable.

-        Bouger et renforcer plus spécifiquement sa sangle abdominale. Voici 2 mouvements faciles à réaliser pour stimuler l’intestin :

  • Debout, jambes écartées à la largeur du bassin, monter sur la pointe des pieds 10 à 30 fois de suite. Cet exercice donne en plus un joli galbe aux mollets !
  • Debout, jambes écartées et semi-fléchies, bloquer le bassin et réaliser des mouvements de balancier de gauche à droite : cette rotation pendulaire agit de façon ciblée sur l’intestin et affine la taille.

 

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A fleur de peau
Grande enveloppe corporelle, la peau nous protège de l’extérieur mais aussi des autres. Comparable à un miroir, elle reflète notre intérieur : ainsi, une peau grasse, à imperfections traduit une surcharge interne. Les toxines éliminées à son niveau proviennent  le plus souvent du foie (elles forment alors les boutons d’acné, les furoncles…) et des reins (dans ce cas, on observera plutôt des éliminations « sèches » comme certains types d’eczéma) qui la chargent de prendre le relais lorsqu’ils ne peuvent eux-mêmes plus suivre. Pour sauver sa peau, on se doit bien évidemment d’utiliser des soins cosmétiques (certifiés bio !) adaptés à ses besoins, mais aussi, et on y pense moins, éviter de consommer en excès produits laitiers, féculents, gâteaux, charcuteries… qui surchargent le foie.

Les naturopathes sollicitent souvent la peau pour préserver et alléger les autres organes d’élimination (mais uniquement si son état l’autorise et si la vitalité est suffisante). En préconisant à leurs patients d’aller au sauna, ils savent que la sudation générée par la chaleur sèche permet de soulager les douleurs articulaires en favorisant, via la peau, l’élimination de l’acide urique, déchet que les reins n’ont pas su ou pu rejeter et qui se dépose au niveau des articulations.

Côté phyto, la bardane et la pensée sauvage sont les 2 plantes de référence pour la beauté de la peau. Dépuratives, elles peuvent dans un premier temps faire apparaître davantage de boutons mais leur action antibactérienne et antifongique permettra au final de retrouver une peau nette et saine.

 

On passe à l’action
L’activité physique est une technique souveraine pour accroître ses éliminations. Si l’objectif visé est la détoxication, la discipline choisie doit être complète et générale (jogging, natation, danse…), se pratiquer sur un rythme rapide et soutenu et durer suffisamment pour faire transpirer.

Au cours d’un exercice, les battements du cœur et le débit sanguin augmentent. Véritables chaudières, les muscles en activité vont brûler d’abord le glycogène (forme de mise en réserve des sucres), puis les graisses et enfin les déchets stockés dans l’organisme. Le sang passe dans les émonctoires de façon continue : on se nettoie sans s’en apercevoir !

Après l’effort, ou pour les moins actifs, un massage peut prolonger avantageusement l’effet désintoxiquant : les manœuvres seront ainsi plus appuyées afin d’obliger les organes d’élimination à réagir et de mettre en circulation les déchets.

 

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C’est du propre !
Guidé par son intelligence instinctive, le corps nettoie toujours avant de réparer : un terrain propre et sain est donc essentiel pour atteindre la santé.

Réduire ses apports alimentaires permet à l’organisme de récupérer une partie de l’énergie, habituellement consacrée à la digestion, pour se nettoyer. Sans aller jusqu’au jeûne, on a donc tout intérêt à manger un peu moins (en sautant le dîner de temps en temps, en faisant des monodiètes de pommes, riz, jus de légumes…) pour faire place nette sans son  intérieur.

Mais, pour bien éliminer, il faut bénéficier d’un niveau de vitalité suffisante car cette fonction physiologique est coûteuse en énergie. Les personnes les plus faibles commenceront donc par se revitaliser (voir pour cela mon billet Green Naturo n°3 : « Etablir son bilan énergétique »).

Enfin, tout étant comme toujours question d’équilibre, on veillera à ajuster ses apports alimentaires (en quantité et qualité) à ses dépenses afin de ne pas surcharger son organisme.

Dans mon prochain billet, je conclurai mon introduction à la naturopathie en vous présentant le dernier des 4 piliers : se reposer.

 

Bien à vous,

Claire DESVAUX

Diététicienne – Naturopathe

 

One Commentaire

  1. naima
    4 janvier 2012 at 0 h 30 min · Répondre

    bonjour
    c’est la premère fois que je lis un bilan si complet
    bien organiser .bravo

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