Connaissez-vous votre empreinte en eau?

 

Tout le monde a déjà entendu parler de l’empreinte carbone, c’est-à-dire les émissions produites en équivalent carbone de nos activités humaines (alimentation, vêtements, transports, industrie…). De là sont nées de nombreuses initiatives d’éco-conception pour tenter de réduire l’impact des activités humaines sur le réchauffement climatique. Mais un autre paramètre tout aussi important est à prendre en compte : l’empreinte en eau. Vous connaissez ? Non ? Alors plongez avec nous et remontez le courant pour en comprendre tous les enjeux…

Eau Eau

 

La crise de l’eau est déjà là

Engrais, pesticides, eaux usées, effluents d’usines… autant de pollutions qui menacent la qualité de l’eau de notre planète. Rivières, lacs et océans sur tout le globe sont contaminés, avec des conséquences directes sur les écosystèmes, la santé et le bien-être des populations à travers le monde.

Le rapport Ethicity (cf. article sur les nouveaux défis du développement durable) indiquait que la première préoccupation des français était la pénurie d’eau. Et ils ont raison : d’après l’UNESCO, qui contribue activement à l’évaluation de l’état des ressources en eau douce dans le monde, le constat est alarmant : la crise de l’eau est déjà là. Il est donc essentiel d’en prendre conscience et de commencer à agir afin de préserver et protéger les ressources en eau de la Terre. D’autant plus que la population mondiale est estimée à plus de 8 milliards en 2030, dont 884 millions n’auront pas accès à l’eau potable…

Water footprint Water footprint

 

Empreinte en eau, kesako ?

Concept inventé par le professeur Arjen Y. Hoekstra, le « water footprint », ou empreinte en eau,est un indice qui permet de déterminer, pour chaque bien, produit ou service, la quantité d’eau utilisée tout au long de sa fabrication ou réalisation. En effet, si l’on utilise beaucoup d’eau pour boire, faire la cuisine, ou se laver, on en consomme encore plus pour la production de nourriture, de papier, de vêtements… L’objectif du water footprint est ainsi de mieux appréhender le lien entre consommation humaine et impact sur les réserves en eau douce, afin d’agir pour réduire et optimiser les consommations d’eau.

Saviez-vous qu’il fallait :

  • 16000 litres d’eau pour produire 1 kg de bÅ“uf ?
  • 3000 litres d’eau pour produire 1 kg de riz ?
  • 1000 litres d’eau pour produire 1 l de lait ?
  • 140 litres d’eau pour une tasse de café ?

On peut de la même manière calculer l’empreinte en eau d’un pays, rapportée par habitant, en déterminant sa production et sa consommation globale, et en incluant importations et exportations. Ainsi, on a pu déterminer que :

  • l’empreinte en eau de la Chine est d’environ 700 m3 / an / habitant. Seulement 7% de l’empreinte en eau chinoise se trouve hors de Chine (le pays importe peu, mais exporte beaucoup)
  • l’empreinte en eau du Japon est de 1150 m3 / an / habitant, avec 65% de son empreinte en dehors des frontières japonaises
  • l’empreinte en eau de la France est de 1875 m3 / an / habitant, dont 40% hors de France
  • l’empreinte en eau des Etats-Unis est de 2500 m3 / an / habitant

 

Les initiatives du Water Footprint Network

Le Water Footprint Network (WFN) est une fondation à but non lucratif basée en Hollande. Elle a pour objectif de sensibiliser à l’impact d’une trop forte consommation d’eau sur notre environnement et promouvoir le concept de l’empreinte en eau. La fondation fournit outils et méthodes pour accompagner gouvernements, organisations, entreprises qui souhaitent mesurer leur empreinte en eau et mettre en place des mesures de réduction de leur consommation d’eau.

Véritable partenaire des institutions et des industriels, la WFN tente de faire prendre conscience que la question de l’eau nous concerne tous, car les problèmes de l’eau sont souvent liés à la structure de l’économie mondiale. Beaucoup de pays ont en effet externalisé leur empreinte en eau, en lien direct avec leurs importations de marchandises. De cette manière, ce sont les ressources en eau des pays exportateurs qui sont les plus fragilisées. Et ces ressources sont d’autant plus menacées si les pays exportateurs ont peu de réserves d’eau disponibles (pour cause de sécheresse, pollution…). Ce sont malheureusement les populations qui en pâtissent les premières…

Water footprint network manual

Copyright © Water Footprint Network

 

Agir pour réduire son empreinte en eau

Mais nous pouvons chacun, à notre niveau, agir pour réduire notre consommation en eau. Comment ? De deux manières, assez simples. Tout d’abord, en réduisant sa consommation d’eau (empreinte en eau directe), comme par exemple privilégier les douches aux bains, installer des mécanismes de chasse d’eau économiques ou des réducteurs d’eau sur les robinets et la pomme de douche, ne pas faire couler l’eau en se lavant les dents…

Ensuite, en modifiant ses comportements d’achat (empreinte en eau indirecte), afin de privilégier les produits moins consommateurs d’eau. La viande ou le coton étant des produits assoiffés d’eau, il est possible de réduire son empreinte en eau en mangeant substituant un produit à forte empreinte en eau par un autre à empreinte réduite. Mais on peut aussi agir en choisissant des produits issus de régions non fragilisées par la pénurie d’eau, en consommant moins de viande ou privilégiant l’alimentation végétarienne.

Afin de déterminer votre propre empreinte en eau, la WFN met à disposition un calculateur détaillé, qui met en avant les domaines de votre consommation les plus gourmands en eau, et sur lesquels vous pouvez agir (en anglais).

 

Alors n’attendez plus ! Prenez conscience de l’impact qu’a votre mode de vie sur les ressources en eau, et si vous êtes (un peu) horrifié(e), la planète sera reconnaissante de vos efforts. Afin qu’elle reste encore et toujours la planète bleue…

 

Sources :

Water Footprint Network : www.waterfootprint.org

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